La grande réforme

Préliminaire

Les violations du droit normal sont incorporées dans nos lois et personne ne s’étonne de ce droit d’exception qui régit la guerre aux drogues. Il s’agit d’un phénomène logique puisque chaque guerre a son droit d’exception destiné non à rendre justice mais a détruire l’ennemi.
Pour mettre fin a ces violations il faut donc faire disparaître cette image de l’ennemi qu’on présente de l’usager. C’est la une partie de notre tache : le lobby politique de réduction des risques ne peut y arriver, il s’adresse aux conséquences de la guerre aux drogues et des abus qu’elle engendre, en essayant de minimaliser les dégâts et en aidant les victimes (au même titre que la Croix Rouge dans des guerres plus “ classiques “ ). Leur aide mérite beaucoup de reconnaissance mais nous ne pouvons les charger de l’impossible. Le vrai visage que doit montrer l’usager c’est le vrai : c.a.d le sien. De même qu’il doit démontrer ce qu’il est le seul a connaître : l’authenticité de son usage : je suis parce que je connais l’extase, parce que je connais l’utilisation des substances modificatrice de conscience, parce que la nature m’a donné accès a mon existence.

De la prohibition :

La prohibition a anéanti les systèmes de référence ainsi que les critères objectifs d’évaluation et d’appréciation de la signification de notre usage, incapacitant le monde des non-usagers a nous connaître et a nous découvrir. La prohibition a aussi détruit ou pour le moins n’a pas recherché la terminologie et les techniques nécessaires pour expliciter les expériences relatives à l’usage des substances modificatrices de conscience. Invoquer un droit a l’usage ressemble à une utopie, pourtant cette invocation a sa place quant elle sait être le reflet d’une tradition bien préservée de la prohibition, ou que l’usage repose sur l’évaluation objective d’éléments vérifiables. Dans le premier cas on invoquera par exemple l’utilisation rituelle du peyotl au sein de la “ Native American Church ou la reconnaissance partielle par l’O N U de la consommation de feuilles de coca par les peuples indigènes. Dans le deuxième on parlera de la prescription par l’Australie d’heroine médicale en 1987 (suivi par de nombreux pays soit pour faire face au dégât résultant de l’épidémie du sida, soit pour mettre fin a une économie mafieuse sur le dos de personnes fragilisées par l’usage)
Notre histoire a commencé avec la prohibition, les hommes qui cherchaient la liberté, la vérité des mystères, l’élévation ont été de tout temps persécutés, leur insoumission a permis à l’homme de se libérer, de voler de ses propres ailes (quitte à se les roussir parfois), de décider de ses propres expériences, de vérifier l’ensemble des mythes et des croyances et de continuer à nous renseigner sur notre propre existence (apportant souvent aux découvreurs la matière indispensable a l’évolution de leurs travaux)
Hier avec les chamans, les druides et les prêtres, aujourd’hui avec les chercheurs et la technologie, l’homme a su trouver son chemin entre mystères et connaissances, entre extase et raison, entre rêves et réalité, chemin qui l’entraîne vers son émancipation et sa grandeur l’élevant à une place ou le pouvoir ne peut plus le contourner. L’homme éveillé et conscient peut alors vivre sa liberté normalement sans crainte de répression.

Des plantes

Les plantes de la terre parlent le langage des sens et des sentiments, elles parlent des impressions, de la vie et de la mort, de l’agitation et de la paralysie, de l’avant et de l’après, du vide et du plein, de la solitude et de l’univers, elles nous parlent de nos peurs et de nos extases. Ensembles elles disent la plénitude de la terre, séparées elles parlent leurs langues natales : des flancs des Andes, des taïgas sibériennes, des forets européennes, amazonienne ou africaines, des plaines de l’Inde, du rif marocain, des montagnes du Tibet ou de la cote champenoise de l’Ile de France. Elle ont été depuis l’origine de l’homme a ses cotés, partenaires privilégiées de son évolution tant physique que psychologique. Au moment ou l’homme semble désemparé quant a sa subsistance perturbé qu’il est par les nombreuses maladies et les bulletins d’alertes lancés par les scientifiques la reconnaissance des plantes de la terre pour leur valeurs essentielles a la recherche de l’identité de l’espèce humaine, ainsi que pour leurs valeurs thérapeutiques et spirituelles, l’homme saura t’il conserver son patrimoine ou bien laissera t’il son avenir dans les mains des généticiens opportunistes qui voient dans leur nouvelle science le nouveau moyen d’asservissement de l’homme, concentrant entre les mains de quelques possédants les éléments matériels nécessaire a la vie et ont l’évolution de sa présence sur terre et peut être demain a sa présence dans l’espace a la recherche de nouveau territoires ou de nouvelles expériences. A cet égard le chanvre semble apte a cristalliser ce travail de réhabilitation des plantes, en effet cette plante semble magiquement dotée de propriétés multiples : mis à part ses propriétés psychotropes tant décriées et pourtant si utiles à
l’investigation des pouvoirs divins de l’homme le chanvre est maintenant perÿu comme une nouvelle drogue au sens médical du terme, peut être d’ailleurs une révélation sur le plan des douleurs neurologique en plus de ses nombreuses qualités décrites aujourd’hui dans de nombreux rapports scientifiques.

De la lutte contre la prohibition

Nous devons aujourd’hui introduire le cheval de Troie de l’évaluation rationnelle a l’intérieur du fourre tout idéologique de la prohibition. Miser sur les travaux du professeur Mechoullan plutôt que sur les divagations de monsieur Nahaze. Nous devons faire face au mensonge et au moralisme sectaire qui discrédite les discours de santé publique. Il faut tordre le cou a la légende du cannabis qui selon Aslinger rend les noirs insolents, les Mexicains fainéants et selon Nahaze rend impuissant et stérile (ici une petite digression m’apparaît évidente : celui qui a été dans un pays ou la consommation de cannabis est séculaire et qui a vu le nombre impressionnant d’enfants ne peut que rire tristement devant une telle assertion). Il faudra aussi s’abstenir de faire l’apologie a tout prix des drogues, la drogue ne doit pas rester dans les mains des marchands et de leur prosélytisme, la drogue est souvent devenue une simple marchandise, souvent frelatée proposée sans garanties sanitaires et dans le cadre d’une grande arnaque intellectuelle. La guerre menée contre les drogues a crée ce nouvel homme arbitrairement hors la loi (l’observatoire géopolitique des drogues ressence des millions de personnes de part le monde qui en font la douloureuse expérience de la simple marginalisation physique ou intellectuelle aux différentes privations de liberté. Si le fascisme est la domination par la force d’une partie des hommes sur les autres hommes en vertu d’une prétendue supprematie basée sur des différences quelconques (physiques, intellectuelles ou comportementales ) alors la prohibition des drogues semble en être l’émergence nouvelle a l’échelle planétaire. Un nouvel apartheid basé sur la suprématie de perception des pays développés (bien souvent blancs) ne sert qu’a une discrimination criminelle entre l’homme raisonnable et l’homme extasié, entre l’homme civilisé et le sauvage (même s’il n’est qu’un gentil sauvage)


De la raison

Comment alors intégrer l’usager de drogues dans la société tout en lui laissant l’usage de ces drogues ? Le mouvement écologiste mondial a amorcé ce changement dans les mentalités, il pose la nature de la terre en tant que critère objectif pour le progrès durable de l’humanité. Pourtant aujourd’hui les verts s’adressent toujours a la nature en tant qu’objet de la raison, soumise au contrôle de l’homme et donc aux marchandages et aux négociations politiques. Aussi longtemps que l’homme ne trouvera que dans le surpassement de l’autre la force de son progrès le seul principe du profit dominera.
Pour surmonter cette logique il faudrait puiser dans la nature universelle les forces permettant la conquête de l’univers auquel l’homme se prépare par l’élargissement de sa conscience personnelle.
La raison a encore a accomplir des devoirs d’analyse et de synthèse mais doit maintenant se relier de nouveau avec les connaissances que nous propose la nature. La suprématie de la raison doit prendre un peu de recul, de repos afin qu’avec la sagesse de l’extase l’homme se naturalise enfin. Surtout au moment ou la technologie offre la possibilité de relier les expériences personnelles et de révéler à tous la progression des recherches. I l semble que la raison veuille déposer ses outils entre les mains des chercheurs de conscience.

Du rôle de la France

La France a longtemps été la grande nation au centre de l’Europe exerçant un rôle purificateur a des moments décisifs de l’histoire, quand des tendances Franco-Européennes se cristallisèrent dans des rapports Franco-Franÿais apportant des solutions aux totalitarismes. La France doit renouveler sa participation a l’Europe, se détacher de la vision américaine en matière de prohibition des drogues qui a montré ses limites et ses écueils. Surtout que malgré les peines féroces encourues, les militants nord-américains (particulièrement dans le domaine du cannabis médical), grâce à la libre expression qui nous fait cruellement défaut, apportent à de nombreuses personnes les réponses objectives qu’un citoyen franÿais serait en droit d’entendre afin que le débat en cours progresse vraiment
Au moment ou en France, les droites, par vagues successives et à l’exception d’une droite extrême, ont abandonné beaucoup de leurs anciennes positions passéistes et ont rallié les composantes du corpus républicain hérité de l’époque révolutionnaire, que reste t’il comme réticences pour que la France ne redevienne le guide de l’Europe sur le chemin de la vérité, et au sujet des drogues ouvre un vaste débat national appelé de tous les vúux par des citoyens conscients de la fragilité de la place de la liberté individuelle au milieu des enjeux plus pragmatiques de la tendance prohibitionniste et dominatrice des participants a la guerre aux drogues. La France doit a cet égard redonner à la Déclaration des Droits de l’Homme la valeur de l’engagement tel qu’il est énoncé.

Art 18 : Tout individu a droit à la liberté de pensée et de conscience. Ce droit implique la liberté de manifester sa conviction seul ou en commun tant en publique qu’en privé, par la pratique ou l’accomplissement de rites.

Art 19 : Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression ; ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher ; de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

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